Appel général à communications
Gouvernance publique – gouvernance privée : quels équilibres pour la Responsabilité Sociale des Entreprises ?
L’analyse du processus d’intégration des enjeux économiques, sociaux et environnementaux dans les stratégies et les activités des entreprises pose la question des différentes formes de gouvernance publique et privée dans ces domaines ainsi que de leur articulation.
L’étude de la gouvernance publique permet de souligner les difficultés de réguler les activités des entreprises qui dépassent aujourd’hui les frontières nationales et qui sont organisées en réseau. Si la régulation publique se développe néanmoins dans ce domaine au niveau local, national et international, les instruments mobilisés se révèlent variés, souvent insuffisants et insuffisamment articulés pour faire face aux défis transversaux. Ils produisent dès lors des résultats contrastés. Les recherches sur ces insuffisances de la gouvernance publique des activités des entreprises peuvent contribuer par conséquent à expliquer certaines critiques de la société civile à l’égard des entreprises et des diverses initiatives volontaires de ces dernières, mais aussi à l’égard des pouvoirs publics eux-mêmes. Les recherches peuvent cependant aussi mettre en évidence comment la gouvernance publique peut imposer des contraintes aux entreprises ou les incitater à adopter des pratiques plus responsables, que ce soit à travers des mesures fiscales ou des clauses dans les marchés publics.
L’étude de la gouvernance privée, pour sa part, permet de mieux comprendre comment les stratégies et les pratiques en matière de développement durable et de responsabilité sociale des organisations sont élaborées et mises en œuvre. Elle offre l’opportunité de comparer si et, dans quelle mesure, certaines formes de gouvernance favorisent une meilleure intégration des enjeux économiques, sociaux et environnementaux dans les stratégies et les activités des entreprises. Elle peut ainsi notamment porter sur le dialogue avec les parties prenantes ou le secteur de l’économie sociale et solidaire. Elle peut enfin amener à s’interroger sur son articulation avec la gouvernance publique et la définition nouvelle d’une régulation post-moderne.
Dans le cadre de son 7ème congrès annuel, le RIODD invite donc les chercheurs à proposer des contributions empiriques ou théoriques explorant les différentes formes de gouvernance publique et privée dans le domaine du développement durable et de la responsabilité sociale des organisations. Cette thématique générale peut notamment être déclinée autour des thématiques et questions suivantes, dont la liste n’est pas exclusive :
- Quelles sont les différentes formes de gouvernance publique ou privée dans le domaine du développement durable et de la responsabilité sociale des organisations ? Comment sont-elles élaborées ? Comment évoluent-elles ? Pour quels leviers de création de valeur ?
- De quelle manière les marchés financiers réagissent-ils à l’évolution de la gouvernance publique et privée ? La gouvernance publique et privée influe-t-elle sur le mode de financement des entreprises ? Quelles sont les stratégies des différents acteurs (entreprises, société civile, organisations syndicales, pouvoirs publics) pour faire émerger de nouvelles gouvernances et pour faire évoluer celles qui existent ?
- Quels sont les différents niveaux (local, national, international) de gouvernance publique ou privée mobilisées dans le domaine du développement durable et de la responsabilité sociale des organisations ? Comment ces niveaux s’articulent-ils ?
- Les mutations contemporaines de la gouvernance publique et privée imposent-elles de repenser certains postulats (économiques, financiers, juridiques, …) et de bâtir une réflexion innovante quant au rôle de la régulation ?
- La gouvernance publique se construit-elle autour de l’information ou de la contrainte ? Son niveau (local, national, international) affecte-t-il sa nature ? La gouvernance privée est-elle détaché de tout lien avec la gouvernance publique ? Quel est ce lien ? Comment évolue-t-il ?
- Quelles formes de gouvernance sont mobilisées pour gérer les référentiels en matière de développement durable et de la responsabilité sociale des organisations (Global Compact, Global Reporting Initiative, ISO 26000, …) ?
- Existe-t-il des modes de gouvernance alternatifs au modèle la société anonyme qui seraient plus à même de favoriser l’émergence de pratiques responsables en matière environnementale et/ou sociale ?